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Le cloud : buzzword ou révolution ?

Buzzword ou révolution ?

L E DEBAT RSLN - Adieu serveurs informatiques, bonjour nuages et datacenters ! Le cloud computing, on entend parler un peu partout. Il suscite même des prises de positions très officielles des acteurs de l’économie du numérique (Afdel, Syntec). Mais derrière les mots, quels sont les véritables enjeux pour les usagers, entreprises – grandes ou petites -, les administrations, … ?
 
Patrick Bertrand

Patrick
Bertrand

Président de l'Association française des éditeurs de logiciel (Afdel)
Le risque de manquer une révolution industrielle

Dernière interface avec l’utilisateur, le logiciel est évidemment au coeur de cette révolution « as a service ». Le Software as a Service (SaaS) est ainsi aujourd’hui le principal moteur de croissance du cloud computing. Le buzz d’aujourd’hui ne doit pas masquer les options stratégiques de demain.

En tant qu’éditeurs de logiciels naturellement, nous savons que le Saas est à bien des égards un horizon incontournable. L’écosystème IT se structurera demain différemment d’aujourd’hui, et il est impératif que nous observions attentivement  les nouvelles chaînes de valeur qui se constituent pour s’y insérer rapidement.

La France a besoin d’une politique industrielle, d’un cap qui ne soit pas celui des délocalisations d’emplois industriels et de services (car les seconds vont généralement de pair avec les premiers) mais celui d’une croissance créatrice d’emplois.  Si l’informatique de demain devient aussi une industrie lourde, celle de datacenters géants, nous devons en relever le défi, sans quoi c’est une révolution industrielle que nous manquerons.

C’est pourquoi dans le cadre du Grand Emprunt, l’AFDEL a souhaité que soit engagée une consultation publique susceptible de définir les orientations de la procédure annoncée des appels à projets par le gouvernement.
 

Laurent Glaenzer

Laurent
Glaenzer

Client Executive chez Lemon Operations, société spécialisée dans le recrutement et la gestion de partenaires pour des sociétés dans l'informatique.
L'utilisateur retrouve le pouvoir !

Lors de l'acquisition de notre nouvel ordinateur familial, j’expliquai à ma fille comment récupérer ses emails sur l'application de messagerie locale. Celle-ci, qui utilisait un webmail, me demanda : « Pour quoi faire ? ». Je lui expliquai qu'ainsi elle aurait tous ses messages en local, mais elle de me  reposer la question: « Pour quoi faire ? ». Je du admettre que je n'avais pas la réponse et que mon attitude était celle de l'ancien temps c'est-à-dire quand une connexion internet n'était pas une chose si évidente ni si permanente.

Aujourd'hui
, je travaille dans une entreprise qui n'utilise que des applications en cloud : messagerie, gestion de projet, CRM, facturation, etc.. Nous pouvons piloter notre entreprise à l’aide d’une simple tablette, et tout ceci pour un coût très modique.

Lors d’un récent programme de formation, je constatai que 10 sociétés présentes distribuaient une application de CRM en cloud, et pourtant aucune d’entre elles n’était concurrente. Chacune s’adressait à un métier et un marché différent.

Que dire de ces trois anecdotes ?
Elles illustrent ce qui forme la véritable révolution du cloud computing: l’utilisateur, enfin affranchi de la barrière technologique et des contraintes d’infrastructure, retrouve enfin le pouvoir de décider de ses applications.
 

Marc Jalabert

Marc
Jalabert

Directeur du marketing et des opérations de Microsoft France
Nous sommes déjà des « Monsieur Jourdain » du nuage

Le cloud computing est une continuation de la révolution des réseaux. Il s’appuie sur les standards du Web et se combine à la révolution des terminaux numériques - PC, smartphones et autres tablettes -, toujours plus portables et personnels, pour délivrer une nouvelle vague d’innovations.

Nous sommes déjà tous en fait des « Monsieur Jourdain » du nuage, qui utilisons des webmails, conversons sur les réseaux sociaux, stockons nos photos en ligne, etc. La nouveauté réside dans l’envergure qu’est en train de prendre le mouvement du cloud computing, et dans le fait que, depuis le grand public, il s’apprête à révolutionner l’entreprise et le secteur public.

C’est là que se joue la révolution
. Pas tant dans la technologie elle-même que dans la puissance du renouveau qu’elle va insuffler. Dans le coup d’accélérateur de l’innovation qu’elle va constituer, en permettant à n’importe quelle start-up de disposer, sans lourds investissements de départ, de ressources de traitement en quantité infinie aptes à gérer n’importe quelle montée en charge, qu’elle soit progressive ou par à-coups. En permettant aux PME et TPE de se doter en quelques clics de l’informatique d’une grande entreprise. En permettant, avec le développement de l’Open data, la mise à disposition d’une somme d’informations et de données publiques qui vont transformer le service au citoyen, et très certainement également la relation gouvernant/gouvernés, tout en promettant de spectaculaires avancées de la connaissance.

Frederic Halley

Frederic
Halley

Fondateur et Managing Partner de Tioga Venture, cabinet de conseil en stratégie pour les sociétés de haute technologie.
Un développement simple et rapide d’applications par presque n’importe qui

Le cloud computing est bien entendu une révolution majeure dans l’informatique pour les éditeurs comme les utilisateurs. Dans la continuité des logiciels délivrés comme services via internet (Saas, Software as a Service), ces dernières années ont vu l’émergence de solutions et plateformes où les grands acteurs comme Amazon (EC2), Microsoft (Azure) ou Google ont ouvert leurs plateformes et infrastructures aux sociétés et développeurs tiers.

Cette ouverture change radicalement la donne en permettant le développement simple et rapide d’applications en mode Saas par presque n’importe qui. Le partage des infrastructures (de plus en plus importantes et chères) abaisse drastiquement la barrière à l’entrée ; ce qui se traduira mécaniquement par une profusion d’offres et de services à la disposition des entreprises comme des particuliers.

Si cette révolution est bien réelle, il existe encore une grande confusion sur le marché. La distinction  entre applications, plateformes et infrastructure partagées est encore peu claire. Toutes les sociétés de technologie se revendiquent du ‘cloud computing’, même quand les architectures sous-jacentes ne sont que de ‘simples’ plateformes d’hébergement comme on en faisait dans les années 90.

Comme toute révolution technologique, il faudra quelques années pour que la conversion se fasse et que les idées se clarifient. La migration des usages et pratiques vers le cloud computing, notamment en entreprise, sera le grand chantier informatique de la décennie à venir.

Arnaud David

Arnaud
David

Avocat au cabinet August & Debouzy
La négociation contractuelle pour restaurer la confiance

Le cloud computing est techniquement novateur en ce qu’il permet, grâce aux procédés de virtualisation, de mutualiser les capacités de stockage et de calcul, offrant ainsi des ressources informatiques considérables. Il contribue ainsi à démocratiser l’accès aux technologies avancées, avec une plus grande souplesse que la mise en œuvre de projets informatiques traditionnels.

Cependant, le cloud computing ne saurait constituer, en soi, une véritable révolution. Il s’agit ni plus, ni moins, d’une nouvelle modalité d’externalisation. Cette opération d’externalisation, simple en apparence, est en réalité rendue extrêmement complexe en raison de l’éparpillement des données dans le « nuage », notamment sur des serveurs pouvant être localisés dans des pays différents.

Or, le « tout virtualisé »
présuppose une confiance absolue et unanime dans cette technologie. Néanmoins, plus la technologie est complexe, plus les risques sont importants aux yeux des utilisateurs. Cette « confiance » peut être restaurée dans le cadre de la négociation contractuelle, par l’obtention de certaines garanties (disponibilité, confidentialité et sécurité des données ou des applications hébergées).

Si le cloud computing ne constitue pas pour le moment
une véritable révolution, ce dernier a le mérite d'ouvrir des perspectives techniques et juridiques intéressantes sur les projets informatiques à venir.
 

Jamil Chawki

Jamil
Chawki

France Telecom R&D, responsable de la normalisation du domaine cœur de réseau. ITU-T , Vice Président Focus Group Cloud Computing
Nous sommes déjà au début de la maturation du cloud

Buzzword ? Surtout pas ! La preuve : pour décrire cette même réalité – l'utilisation d'un service à tout moment, depuis n’importe quel réseau et à partir de n’importe quel terminal - on parlait, il y a deux ans, de services en ligne (online services), ou de « Software as a Service » (Saas). C'est l'introduction de ce terme un rien nuageux, cloud computing, qui donne parfois l’impression d’un buzzword....

Est ce une révolution ?
En partie oui. Mais nous sommes déjà au début de la maturation du cloud. Petit retour en arrière : les services en ligne sont arrivés comme une évolution naturelle de la révolution de l’accès à Internet, avec les ISP, à la fourniture d’Application depuis l’Internet avec l’ASP fin 2000. Mais il a fallu attendre la généralisation du vrai haut débit (supérieur à 2Mb/s), à partir de 2005, pour connaitre le premier développement de la fourniture des applications depuis le réseau Internet, et la suite qu’on connait maintenant avec le cloud.

La convergence de la plupart des services sur le protocole IP (ToIP, TvoIP, …), l’introduction de nouveaux services « Web 2.0 » et l’Internet participatif (wiki, réseaux sociaux, publication de contenus audiovisuels en ligne) a ensuite contribué au développement du cloud.

Au final, le cloud couvre
la plupart des applications du monde grand public et entreprise, et même des services d’infrastructure (serveur, espace de stockage, base de données, …). Et si l'on renommait le cloud computing par netcomputing ?

Dominique Piotet

Dominique
Piotet

Président de RebellionLab
Comment les nuages changent le monde

Deux événements tout à fait anecdotiques illustrent l’importance fondamentale qu’a pris le cloud computing dans notre vie digitale quotidienne, sans que nous nous en rendions compte.

1- Barcelone, juin 2009. Une bousculade dans le métro, mon smartphone disparaît. Avec mes photos, ma musique, mes applications, mon calendrier, mes contacts ! Bref, ma vie digitale, en un instant, envolée. Retour à l’hôtel et soulagement : tout est bien là, sur mon ordinateur ! Tout est bien aussi dans les nuages. L’appareil n’est plus que le moyen d’accès à ce que j’ai de plus précieux, mes données. L’appareil n’est rien qu’un capteur et un moyen d’accès aux données, qui prennent d’autant plus de valeur qu’elles sont dans les nuages, donc accessibles partout, et par tous les moyens. L’achat d’un nouveau smartphone et une synchronisation plus tard : le téléphone disparu est de retour, exactement dans l’état ou je l’ai perdu. Rien n’est arrivé !

2- Ma baignoire, mars 2010. Je fais partie de ces gens qui lisent dans leur bain ! Et mon e-reader est parfait pour cela. Mais ce qui devait arriver arriva : le faux mouvement et le grand plongeon. A jamais noyé mon reader. Mes nombreux livres ? Ils sont tous là, sur le site d’Amazon. Ils sont aussi sur ma tablette et mon smartphone. D’ailleurs, en ouvrant l’application d’Amazon sur ma tablette j’ai le plaisir de trouver le livre que j’étais en train de lire ouvert à la page où je l’ai laissé avant l’incident. Oui, les nuages changent le monde digital. Et non sire, ce n’est pas une rébellion, mais bien une révolution.
 

Olivier Midière

Olivier
Midière

Président de l'Association pour le développement de l'économie numérique (ADEN)
Pour un cloud computing à la française

Quoi qu’en disent les tenants de la « pensée technologique unique », qui se voudrait mondiale et universelle, le bon sens nous recommande aujourd’hui d’adopter en France une stratégie alternative en matière de cloud computing. Cela pour deux raisons principales : garantir l’indépendance technologique et industrielle de la France et doter ses territoires des ressources et moyens technologiques indispensables au développement de leur économie, de leur attractivité et de leur compétitivité.

Si les grandes entreprises et l’Etat disposent des compétences techniques et des moyens financiers nécessaires pour adosser leurs systèmes d’information à des clouds privés, publics ou hybrides situés n’importe où dans le monde, c’est loin d’être le cas des centaines de milliers de TPE-PME, de collectivités locales et d’établissements publics qui composent notre territoire national.

Nous pensons aujourd’hui à l’ADEN qu’il est vital de créer en France, sous l’impulsion des pouvoirs publics locaux et dans le cadre de partenariats publics / privés, un maillage de centrales numériques éco-responsables (datacenters) et de plates-formes de services et d’infrastructures numériques partagées, répondant aux besoins informatiques tant des TPE-PME, que des établissements publics et des citoyens dans les régions [voir la contribution de l'ADEN, NDLR.]

A terme, l’interconnexion de ces clouds communautaires locaux permettra de mutualiser les applications et les capacités de traitement tout en garantissant un stockage local des données sensibles des utilisateurs, une condition incontournable pour le développement de marchés stratégiques tels que l’E-santé, l’E-éducation, l’E-justice ou l’E-administration. Ils constitueront ainsi une infrastructure nationale offrant à moindre coût et de manière totalement sécurisée, les trois types de services qui caractérisent le cloud computing : IaaS, PaaS et SaaS.

Stéphane Distinguin

Stéphane
Distinguin

Fondateur de faberNovel, de af83, ... . Ex-président de SiliconSentier (La Cantine) (photo : Stéphane Lavoué)
Le cloud, ou l’adoption par les éditeurs B2B des modèles « grand public »

Ce que j’aime dans notre industrie c’est sa révolution permanente. Il y a 5 ans, ni iPhone, ni Facebook. Il y a 10 ans, Google apparaissait,et Napster transformait notre perception de la propriété de la création, de sa monétisation… En 2010, la guerre des trois, c’est Google vs Apple vs Facebook. Et Microsoft revient fort sur le nuage, plus comme le quatrième mousquetaire de cette révolution en marche que comme le grand méchant loup qu’il était pour nous tous.

Ces trois champions s’adressent aujourd’hui au grand public. Ceci n’aurait pas été possible, si nous n’avions pas découvert les usages de l’Internet, dans les années 1990, en entreprise : portables à plus de « 40KF », Lotus, Netscape, MS Exchange, messagerie, transferts de fichiers…

En 15 ans, la « formule 1 » de nos métiers est passée imperceptiblement mais sans retour possible du secteur professionnel au grand public. Le « cloud computing », c’est l’adoption par les éditeurs B2B des modèles « grand public », dans leur fonctionnalité mais aussi, qu’ils boivent le calice jusqu’à la lie, dans leur architecture ! Après LAMP, les DSI doivent s’adapter et intégrer ce concept ésotérique au nom poétique : le « nuage ».

L’impact ? Toute application doit désormais être conçue sur trois  piliers : expérience utilisateur,  « scalabilité » - qui suppose son ouverture et son intercompatibilité (API) , avec un développement itératif et des « metrics » adaptées.

Révolution dans les usages, l’architecture et l’exploitation des services, le cloud bouscule aussi nos méthodes de travail : agilité, SCRUM, extreme programming, … Agiles sur le nuage, nous travaillons déjà à notre prochain buzzword. Parions sur « social business intelligence » ou « entreprise real time planning » ?

Nils Aziosmanoff

Nils
Aziosmanoff

Président du CUBE, centre de création numérique, président de NAVIDIS SA
L’Architecte et le nuage

Le cloud computing vient donner une nouvelle jeunesse au bon vieux modèle ASP, rien de très nouveau donc sous les nuages, mais cette révolution de « l’informatique liquide » porte en elle deux changements profonds.

Le premier touche au modèle économique du monde logiciel qui va passer d’une logique d’investissement à celle du paiement à l’usage, une modalité qui semble satisfaire tout le monde.

Le deuxième changement, plus culturel, est le passage de l’ère de l’informatique à celle du numérique. Le front office prend le pas sur le back office, l’usage est enfin au cœur des attentions. Et ce n’est pas une petite révolution, car pour offrir une qualité d’utilisation adaptée aux besoins spécifiques de chacun, le web va devoir devenir un instrument malléable, partageable et social, ce qui réclamera toute la puissance du cloud.

Mais ce changement nécessitera également la création de métiers inédits, tels que celui d’urbaniste de la donnée, et d’architecte du vivre ensemble à l’ère du numérique. Au XIXe siècle, le baron Haussmann avait inventé le « haut débit urbain » qui a redéfini les usages de la cité. Au XXIe siècle, l’histoire se poursuit, dans les nuages.

Alexis Mons

Alexis
Mons

Cofondateur et directeur délégué général, Groupe Reflect, agence de marketing interactif et relationnel.
La fin de l'infrastructure à la papa

Le cloud computing est tout sauf un buzzword, mais ce n'est pas pour autant une révolution. C'est simplement la fin de l'infrastructure à la papa, celle où il fallait pouvoir toucher son serveur (qui était accessoirement unique). C'est aussi une forme d'aboutissement d'un processus d'abaissement des coûts matériels conjugué à l'accroissement des volumes stockés et circulants.

Finalement, le cloud, c'est la fin de logiques techniciennes. Il n'y a plus que deux choses qui comptent : la performance rendue et les garanties. C'est finalement comme l'eau du robinet, qui doit toujours couler à la même pression et avec la même qualité. C'est devenu un aspect fondamental et incontournable de l'économie, et c'est pour cela que les Etats se préoccupent d'indépendance stratégique à ce sujet. Finalement, le cloud, c'est le symbole qui manquait pour donner du sens à l'économie de l'immatériel …

Dominique Sciamma

Dominique
Sciamma

Directeur du département Systèmes et Objets Interactifs à Strate Collège Designers (Ecole Supérieure de Design Industriel)
Le vrai nuage est celui des objets

Pour ceux qui ont un peu de mémoire informatique, il est toujours amusant de voir combien certains sont prompts à s’émerveiller de concepts anciens au motif qu’ils ont un nouveau nom. Le cloud computing, après tout, ne fait que réinventer l’informatique distribuée, dont Sun fut un temps le champion avec son « the computer is the network ». Et le programme SETI ne faisait-il pas du cloud computing, avant même qu’on en invente le nom ?

Si l’interconnexion des ordinateurs au travers d’un réseau mondial donne une nouvelle jeunesse « marketing » à une ancienne réalité, elle masque la montée en puissance d’une réalité plus étrange et Ô combien plus structurante, à savoir que le vrai nuage est celui des objets.

Ubimedia, informatique ambiante, internet des objets : quel qu’en soit le terme, c’est cette révolution là qu’il s’agit de penser, de créer, d’accompagner. Quand l’environnement humain sera le témoin et l’assistant permanent de nos actions, de nos désirs, et pourquoi pas de nos pensées, nous serons confrontés à d’autres questions que de savoir où Diable se cache la puissance et les données du service nous utilisons. C’est juste la nature du monde qui aura changé.